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Alerte, il semblerait qu'il se passe des choses en Loire, du côté de St Florent, grace ou à cause de notre pas que beau Loire Princesse (#6)

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Le Léger Rien

MERCI LOUIS MARIE POUR CET ARTICLE PRÉCIS !

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Bonne lecture.

Le Léger Rien

Le MS Loire Princesse navigue


Le MS Loire Princesse vogue depuis Avril sur la Loire, ce bateau hôtel fluvial a été dessiné par le cabinet nantais SDI « Stirling Design International », construit par le groupement « Néopolia Marine » aux chantiers STX pour le groupe strasbourgeois Croisieurope, son originalité il est doté de deux roues à aubes.
Il a été inauguré le 2 Avril à Nantes lors d’une messe suivie d’une bénédiction en présence d’un parrain et de deux marraines pour lui tout seul : Laurent Castaing, directeur du chantier STX, Johanna Rolland la maire de Nantes et Caroline Britz, la maire de Sarrebruck. A cette occasion il a été rappelé par les ténors politiques « que ce navire était un exemple, les bateaux doivent s’adapter à la Loire et non l’inverse » sic.

Frais peint, frais béni, le voyage inaugural pouvait débuter et il allait immédiatement contredire les propos inauguraux, les concepteurs se rendirent compte que le rendement des roues à aubes était très médiocre, elles cavitaient cad qu’elles patinaient.
Un retour à St Nazaire était nécessaire pour modifier dans les meilleurs délais les pales, créer des ouïes dans les cages et permettre aux roues de « déglutir » l’eau.
Pour une première, ce fut une première car la première remontée avec passagers, faut-il le rappeler, a été effectuée sans aucun test préalable. On y croit.

Le premier départ ne fut pas le bon, le navire doit rebrousser chemin car le faible rendement associé au courant de la marée descendante l’empêche de franchir le pont de Pirmil, il est contraint de revenir au quai et d’attendre l’heure de l’étal.

Au petit matin c’est bon, lors de cette première remontée, nombreux étaient les initiés à le suivre de la berge et pour tous il apparaissait déjà que le navire aurait des difficultés à certaines périodes, dont celles de basses-eaux, synonyme d’augmentation de courant par ici et de bancs de sable par là. Il convient de remarquer que la passe de St Florent en amont du pont fut ardue, si les deux barrages du Fresne furent franchis sans souci, le goulet des Malpavés de Chalonnes fut plus délicat, quant au pont de l’Alleud, il fallut rabattre le bastingage pour tirant d’air trop élevé.

Ne parlons pas de l’implantation du ponton d’Ancenis qui se fit sans enquête publique, sans information des services de la Loire ni même de la Mairie de la sous-préfecture, un simple arrêté préfectoral pris en dehors de toutes règles administratives normales a suffi pour faire battre des pieux à la hâte grâce au chantier voisin du pont et y fixer un ponton la veille de son arrivée.
Quelques heures suffiront pour confirmer que tout ceci a été posé en dépit du bon sens, à un endroit
inapproprié car sur la berge, au petit matin le navire posera sagement au fond, et oui, la marée se ressent jusqu’à Ancenis.
Fin juillet 2015 deux nouveaux pieux sont battus plus loin de la berge pour remettre le ponton à flot, ni vu ni connu…

Le 5 Juin 2015, le bateau malgré ses 1400 CV ne peut franchir la passe de St Florent. Il reste deux heures au milieu du chenal. Ne pouvant pivoter dans le bras trop étroit il est contraint de faire marche arrière sur un kilomètre avant d’opérer en aval du pont devant la Meilleraie un périlleux demi-tour en raclant le fond.
Conscient que les courants sont forts et le bateau limité, CroisiEurope fait venir par la route un ancien pousseur militaire pour aider Loire-Princesse à surmonter ces difficultés, son premier voyage ligérien sera son dernier, le 5 juillet au barrage aval du Fresne, Loire Princesse tourne à plein régime le pousseur aussi mais la vague de poupe du navire est haute et les francs bords du pousseur sont bas, le pousseur embarque la vague et coule, heureusement les deux pilotes seront repêchés et le feu pousseur fut treuillé sur la berge le lendemain. Le navire fera lui escale ce jour là à Chalonnes sur Loire.
Mais la Loire continue de baisser et au pont de l’Alleud il est obligé d’emprunter l’arche descendant pour monter. Ses roues auraient touché les cailloux en pied de pile. Que cela ne tienne, ordre est donné à VNF (par qui ?) de nettoyer les enrochements gênants, là encore on ne s’embarrasse pas des procédures, des lois sur l’eau et des règlements pourtant si tatillons pour les citoyens lambda.
Mi Juin, la remontée s’arrête à Anetz, un banc de sable l’oblige à faire demi tour et à revenir apponter à Ancenis… une péniche habitée est ensablée depuis 1 mois près d’ici.

Le 7 Juillet, Loire-Princesse touchera encore le fond entre Montjean et Chalonnes au droit de la Guesse. Au cours de la même remontée, malgré les avertissements des agents VNF qui lui ouvrent la voie par sondage physique il frotte un banc de sable en queue de l’île de Béhuard, il s’en sortira en forçant le banc par une série de manoeuvres.
Arrivée à Bouchemaine, les temps sont secs et les 32 touristes mexicains à bord (1/3 de sa capacité) sont grands consommateurs de douche. Il faut faire de l’eau soit env 50 T, ce qui génère un enfoncement de 10 cm…

Le vendredi 10 juillet, le voyage retour s’annonce chaud et il le sera, car à 12:00 au bout de 30’ de navigation, le bateau s’échoue en tête de l’île de la Vierge noire, il tente de jouer avec le courant descendant comme lui mais rien n’y fait malgré le déballastage de son eau, Loire Princesse reste plusieurs heures planté sur son banc de sable, il faudra que le nouveau pousseur vienne l’aider pour retrouver une position plus conforme à la navigation, il finira la nuit au mouillage à la cale des Lombardières.
Il faut quand même dire que ce pousseur d’origine militaire de type F de 2 fois 250 CV fait maintenant office de remorqueur, ce bateau fantôme de 500 CV navigue en dehors des règles de navigation, sans identifiant ni immatriculation… et quelle assurance ?

Le 14 Juillet, Loire Princesse passe son après-midi à St Nazaire, le soir il assistera aux feux d’artifice, au large c’est tellement plus beau quand on transgresse les règles fluviales.
Il n’est pas inutile de rappeler que ce projet fait bouger beaucoup de lignes, des lignes jusque là immuables. La « Loire maritime » s’est rétrécie du pont de la Madeleine à Nantes au pont de St Nazaire. Le navire n’a plus besoin que d’une dérogation pour aller du pont de l’Estuaire au bassin de Penhouet, sa base nazairienne. Le règlement de police de la Loire a été modifié pour s’adapter aux exigences de l’armateur et aux capacités du navire… les bouées ont été déplacées pour lui faciliter les manoeuvres, notamment dans les verses.

Il convient quand même de constater que ce bateau est en lui-même une aventure, il se joue des règles naturelles que la Loire impose, des règlements, des lois et des codes que le bon sens impose, il navigue à coup de dérogations avec une incroyable désinvolture. C’est ce qui fait sa force, les pouvoirs publics, administratifs et politiques sont subjugués, hypnotisés par ce prodige touristique qui les enfument comme personne d’autre.

Ceci dit, la navigation a sa place, toute sa place, sur la Loire, cela est indéniable mais à la seule condition que les bateaux s’adaptent à son cours et non l’inverse. D’autres sociétés de croisière étudient la capacité touristique de notre fleuve, il y a fort à parier qu’elles intègrent davantage les expériences passées et qu’elles fassent preuve de moins de désinvolture.
Les associations environnementales ont actuellement la tête ailleurs, elles regardent en l’air… les avions et n’ont pas conscience que ce Loire Princesse va enterrer les projets de reconstruction du lit fluvial. A moins que cela ne soit qu’esbroufe et que ce bateau aille rapidement voir ailleurs s’il y a du fond et des fonds publics…pour le maintenir à flot, bien sûr.
Si le tourisme fluvial veut perdurer sur notre fleuve, la Loire impose des gabarits plus réduits, plus en phase avec son caractère « sauvage ». Elle n’a que faire de la finance sauvage, elle est et restera maîtresse de son lit.
Autre particularité, ni la Compagnie Croisieurope, ni le capitaine, ni les services de l’Etat, ni la région largement impliquée, ne veulent donner des infos, l’omerta règne sur la Loire.
Quid du carnet de bord sur lequel les incidents doivent être inscrits ? J’oubliai, c’est VNF qui a le pouvoir de le contrôler…

(1) Les deux moteurs diesel Volvo-Penta de 500 CV sont en prise directe avec les roues, au travers un réducteur qui ramène à 30 tours par minute une rotation moyenne de 1.200 tours/min en sortie de moteur (vitesse maximum du bateau : 15km/h avec un régime moteur de 1.800 tours/min). Par mesure de sécurité, et pour faciliter les manoeuvres, deux propulseurs (200kW) de type hydrojet, orientables à 360°, sont implantés à l'avant et à l'arrière du bateau.

Louis-Marie BOSSEAU
15 Juillet 2015.

Chapitres suivants :

  • 3 Août 2015 Loire Princesse est ce soir à St Nazaire (en fond du bassin de Penhouet) pour qq travaux… VNF s’active à quelques dérochements dans la passe de St Florent (travaux d’entretien ???).
  • 5 Août 2015 MS Loire Princesse a revu ses roues, elle a bien tenté une remontée à Oudon mais elle a fait demi-tour, demain il fera jour et la marée est un tantinet plus forte.
  • 8 Août 2015 Cà y est LP accoste à Ancenis. Sur « son nouveau ponton » celui rebattu la semaine dernière.

Des interrogations :
Administratives :
- Qui donne les ordres des travaux en Loire, selon quelle procédure opérationnelle ?
- Toute intervention sur le lit du fleuve est soumise à réglementation,
- Valeurs juridiques des nombreuses dérogations ?
- Quels sont les résultats des enquêtes relatives aux différents problèmes ? (échouages, naufrages, travaux d’aménagement non autorisés, navigation illégale, etc…)
- Le carnet de bord a t il été contrôlé ? les incidents de navigation sont ils mentionnés ?
- Le bateau Pousseur Remorqueur est il en règle ? (Immatriculation…)
- Comment se fait il qu’aucune autorité ne veuille prendre la parole sur ce sujet ?
Financières :
- Quelle participation des collectivités territoriales dans le montage financier de cette opération ?
- Qui a payé les investissements périphériques ? (Poste d’Avitaillement – pontons - etc)
- Quels sont les retours fiscaux de ce bateau ? (taxe de francisation, d’amarrage, etc…)
Environnementales :
- Pourquoi n’y a t il pas eu d’étude d’impact sur la Loire ?
- Pourquoi aucune autorité ne s’est interrogée sur la faisabilité du projet ?
- Quel est le système de gestion des eaux noires ce bateau est il pourvu ?
Médias :
- La presse est unanime pour saluer ce bateau sans se poser la moindre question sur sa pérennité sur le fleuve. Faut dire qu’elle était déjà embarquée… et embrumée par les bulles.
- Même les journaux « sérieux » n’y ont vu que du feu, ceux là même qui font de la Loire et des
fleuves leur fond de commerce des « publi-reportages » dignes des glorifications historiques…
- Demain quand le bateau s’épuisera, cette même presse portera l’estocade finale

Alerte, il semblerait qu'il se passe des choses en Loire, du côté de St Florent, grace ou à cause de notre pas que beau Loire Princesse (#6)
Alerte, il semblerait qu'il se passe des choses en Loire, du côté de St Florent, grace ou à cause de notre pas que beau Loire Princesse (#6)
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